Bon, hier, un peu énervé, j'ai collé un statut sur facebook qui a été pas mal repartagé (comprenez, 2 ou 3 fois). Comme ce statut était plein de fautes (comme ce post sans doute remarquez) et très mal écrit, je me suis dit, pour une fois, je vais transiger violemment à l'une de mes règles et parler de l'actualité politico-sociale française, au risque de ne pas plaire à tout le monde. Ce qui m'ennuie, puisque j'aime plaire, mais pas tant que ça, puisque je plais beaucoup et qu'un peu moins ça ne va pas m'enlever grand chose (le lundi matin, j'ai le droit d'être suffisant, hin, hin).
Donc, hier matin, je me lève et en prenant mon café, je fais mon tour habituel des blogs, sites d'info, Twitter etc. Parmi toutes les informations, et en excluant le fait que nous intervenons au Mali, comme quoi l'accès au ressources est toujours un meilleur motif d'action que les libertés humaines quoi qu'on en dise, deux choses m'ont frappées.
D'un coté une ribambelle d'articles sur les 500.000 personnes à la manif contre le mariage pour tous. Notez que me fous du chiffre exact, c'est l'ordre de grandeur qui est important.
De l'autre coté le tweet suivant de l'asso Laurette Fugain, je cite verbatim: "4 petits followers de + et vous serez 1100 à nous suivre quel beau chiffre ! Mais nous pouvons surement allez + haut". Oui, vous avez bien lu: ils sont contents parce qu'ils ont 1100 personnes qui les suivent sur Twitter.
On entend en permanence dans les discours des antis mariage gay que c'est avant tout pour protéger les enfants. Et en pensant simultanément à cet argument et à ce contraste entre les deux chiffres, ça m'a vraiment foutu la rage. Je m'excuse, je vais être démago, mais je ne vois pas comment faire autrement.
Jeudi, j'étais à la clinique. J'ai croisé dans les couloirs une petite fille de cinq ans. Plus de cheveux, un tube d'alimentation lui entrant dans le nez (pour les enfants, on passe par le nez puis directement dans l'estomac). Si elle était à la clinique et pas au Seattle Children's, c'est qu'elle doit avoir subit une transplantation récemment. En passant ensuite à la pharmacie, j'ai croisé un petit garçon, dix ans peut-être, lui aussi avec son tube d'alimentation, dans la salle d'attente du service de transfusion sanguine. Vendredi, j'ai appris sur un blog que je suivais qu'une jeune fille de 17 ans, adorable, ayant un courage magnifique, avait succombé à un lymphome, faute de donneur compatible pour le seul traitement qui aurait pu la sauver: une greffe de moelle osseuse. Je vous mettrais bien des photos d'enfants en cours de traitement pour en rajouter une couche, mais par respect je ne vais pas piquer une photo comme ça. Cherchez "child hickman line picture" dans Google si vous voulez voir ce que je vois à chaque fois que je vais à la clinique.
Alors, hier, ils manifestaient pour protéger les enfants, vraiment?
Mais hier, qui manifestait pour faire connaitre le don de moelle osseuse? Il y avait 500.000 personnes sur le champs de Mars, à comparer aux 200.000 inscrits totaux au registre des donneurs de moelle osseuse français. Mais bordel, si tous ces gens bien pensant s'inscrivaient au registre plutôt que de manifester, vous vous rendez compte du nombre de vies que l'on pourrait sauver? Si tous ces gens qui veulent soit disant protéger les enfants avaient passé leur dimanche à l’hôpital le plus proche à donner leur sang ou à faire l'entretien pour devenir donneur plutôt que d'aller manifester "contre", vous ne croyez pas que l'on impacterait positivement beaucoup plus de destins qu'en refusant aux homos qui le souhaitent le droit de se marier? Je vais vous faire part d'une idée folle: et si on s'insurgeait contre le fait que des enfants meurent faute de donneur, plutôt que contre le fait qu'un gamin ai 2 papas?
Alors oui, je veux bien entendre que ce n'est pas parce qu'une cause est importante qu'il faut tout arrêter et ne plus manifester pour rien du tout, mais je trouve que dans ce cas précis, puisque l'on parle du bien des enfants, le contraste entre la motivation "négative", dans le sens ou l'on va contre quelque chose qui si l'on a un peu d'honnêteté intellectuelle d'un coté comme de l'autre peut difficilement être démontrée comme étant absolument bénéfique ou absolument négatif, et la motivation positive, qui consiste à s'impliquer pour quelque chose qu'on sait être sans l'ombre d'un doute positif, est assez atterrant. Dimanche, je suis désolé de vous le dire, c'était essentiellement de la motivation négative (et donc égoïste puisque basée sur la peur de quelque chose), plutôt que positive, puisque désintéressée, pour aider sans rien attendre en retour.
C'est vraiment triste.
Et au passage, parce que je suis cohérent, ça me fait chier d'avance que le 27 ou je sais pas quand, ça soit au tour des pro-mariage de manifester. Je comprend le besoin, je suis d'accord, parce qu'on peut pas laisser dire n'importe quoi sans réagir, mais cette perte d'énergie pour une cause qui devrait être acquise, ça me fait vraiment mal au cœur. Le 27, le twitter de Laurette Fugain aura combien de followers? 1200? Ça me donne la nausée.
Ceci étant dit, j'aimerais conclure par quelques petits arguments pour le mariage homosexuel, au passage, puisque je suis bien évidement pour vous l'aurez compris.
Premièrement, l'argument de la protection des enfants, qu'une famille c'est une père et un mère, franchement faut arrêter deux secondes, ne serait ce que de par le fait que les familles homoparentales existent déjà, et que le mariage homo permettra justement de protéger légalement des enfants qui sont actuellement dans des situations potentiellement merdiques si le parent biologique décède. Et toc.
Deuxièmement, moi, le problème du mariage homo, ça m'a vraiment frappé quand Celia m'a dit qu'elle avait un job aux US. Si on avait été un couple homo, ça aurait été moi ou en gros la meilleure opportunité professionnelle de sa vie. Et ça m'a vraiment fais mal au cul pour mes amis homos, pun intended. Le pacs, ça n'est pas reconnu internationalement, ce n'est pas équivalent et la seule solution pour les visas, c'est le mariage. Et re toc.
Pour finir, vraiment, tout ceci est un non débat. On devrait signer cette loi, et basta, et repasser à des choses plus importantes: entreprendre des actions qui sauvent vraiment des vies, sortir notre pays de son marasme, s'occuper du cas des banquiers qui pendant qu'on s'étripe continuent à magouiller en rigolant (voir le scandale d'HSBC). Pas manifester contre quelque chose qui existe déjà en pratique (la famille homoparentale, s'entend), dont l'influence positive est assez facile à expliquer et l'influence négative difficilement démontrable.
(Petite note, je laisse les commentaires ouverts, mais au premier signe de débat tournant à l'aigre je ferme et j'efface tout ce qui me déplait, je le dis clair et net).
lundi 14 janvier 2013
vendredi 11 janvier 2013
Les associations caritatives aux US
Normalement, c'est un post que j'avais prévu de faire juste avant Noël, pour faire le lien avec la générosité, l'esprit de Noël, le partage, et tout ces trucs là. Et puis comme nous avons eu des visiteurs, je n'ai pas eu le temps, alors soit j’attends un an, ce qui est un peu concon, soit je le fais maintenant en le liant aux résolutions de nouvelle année etc. Bon, on va plutôt faire ça!
Donc traditionnellement, la fin (ou comme ici, le début) d'année, c'est la période du partage, de la charité (chrétienne ou pas) et de tous ces trucs là. Ce qui m'a rappelé que je voulais vous parler depuis longtemps des associations caritatives aux US, et d'ailleurs c'est un sujet que j'ai vu le Piou aborder il y a maintenant quelques années, mais je ne me rappelle plus où (merci man, c'est toi qui m'a fait prendre conscience de ça).
Pour nous autres français, habitués à la sécu, aux allocations chômage et à tout un ensemble de services (ça, c'est parce que l'énumération de 10 éléments que je souhaitais écrire est tombée à l'eau faute d'inspiration) prévus pour parer du mieux possible aux accidents de la vie du citoyen moyen, les US peuvent sembler être un pays très dur. Système de santé à deux vitesses (voir plus), contrats de travail rudimentaires où vous pouvez être viré dans l'heure, retraite minimale... Cela nous semble un peu choquant, pourtant force est de constater qu'il y a des avantages et que cela marche. Pas toujours, c'est sûr, et il y a plein de choses à améliorer, mais ça fonctionne à peu près, malgré l'image d'individualisme forcené que cela projette et les nombreux destins qui gisent brisés dans le sillage d'un American Dream malheureusement toujours tout puissant.
Pour que cela marche, même de façon aussi imparfaite, il faut qu'il y ait des soupapes de sureté, et les associations caritatives en sont une.
Car penser les Américains comme uniquement individualistes, c'est ne vraiment pas voir très loin. Le nombre d'américains que je cite dans mon post "Unsung Heroes" devrait déjà vous mettre la puce à l'oreille que ce n'est pas le cas: il y a énormément de solidarité entre les gens dans la vie quotidienne, et les bons sentiments que l'on peut voir dans des blockbuster à la con (comme la scène des New-Yorkais défendant le corps inanimé de Spiderman dans Spiderman 2, désolé on a les références qu'on mérite, moi c'est ça) ne sont pas que de la propagande niaise et bien pensante: les américains sont vraiment comme cela, et ils ont tendance à se dresser comme un seul homme quand par exemple, leur communauté est menacée (mais pas que, comme ils ont pu le montrer après le tremblement de terre à Haïti).
En fait, c'est comme tout dans ce pays: la charité doit être librement donnée, privée, bref, capitaliste en quelque sorte. Dans l'esprit américain (pas de tous les américains, mais une bonne partie) il est impensable d'être forcé de donner sous forme d'impôt de l'argent à l'état pour financer des hôpitaux, en revanche il est impensable de ne pas donner d'argent à l’hôpital de son choix. Le mot clé est là: le choix. Les gens veulent, en général, pouvoir disposer librement de leur argent et décider eux-mêmes à qui donner. Mais quand ils donnent, ils donnent énormément, et apparemment beaucoup plus par personne que le reste du monde. Vous dire pourquoi, c'est un peu au dessus de mes moyens d'analyse, mon impression c'est qu'il y a plusieurs facteurs: le fait que ce soit un pays très marqué par la religion est surement un paramètre, le fait que cela échappe à l'impôt un autre (soyons réaliste), mais surtout, sans ce fluidifiant social, ce lubrifiant que sont les associations caritatives, la société Américaine s'effondrerait car elle est très (trop?) dure envers les plus faibles.
D'ailleurs, une petite remarque au passage: j'écoutais il y a quelques années une émission qui parlait de ce sujet, et qui soulignais en particulier le travail de la fondation Bill and Melinda Gates... Qui fait beaucoup de travail en Afrique, ce qui est positif dans l'absolu pour les populations qui reçoivent cette aide, mais qui n'est pas totalement désintéressé, voir négatif par certains cotés car c'est aussi un moyen de diffuser la culture américaine, l'american way of life, le capitalisme et tout le business qui va avec, dans des pays et des cultures qui n'en ont pas besoin et qui s'en passeraient bien. Petite digression, c'est un peu un problème des américains d'ailleurs que de considérer qu'ils sont la seule démocratie sur Terre, que leur société est la meilleure sur Terre, et que tout le monde en bénéficierait, ce qui est bien évidement complètement primaire et inexact.
Bref, en cette nouvelle année, je voulais à nouveau en profiter pour vous encourager à investir du temps, ou de l'argent si vous n'avez pas le temps, dans une association caritative. Je vais vous donner quelques idées; ce n'est pas pour me faire mousser, genre "regardez je suis trop généreux": moi je suis généreux avec ma carte bleue c'est un peu facile. Ce sont juste des associations que j'apprécie et dont j'ai envie de parler.
Chaque année, je donne un peu d'argent à Wikipedia. Cette année, vu ma situation, j'ai donné 5$, quand je peux plus, je fais plus. Pour moi c'est, malgré ses défauts, l'une des merveilles du monde moderne, et il ne se passe pas une journée sans que je ne l'utilise. Si c'était payant, je paierais, donc voilà. Dans la même veine, de temps en temps, je supporte les actions de l'Electronic Frontier Fondation, qui forment selon moi un contre pouvoir intéressant/important. Dans le même genre d'idée, j'aimerais passer du temps à contribuer aux logiciels libres, malheureusement je trouve qu'il y a une certaine barrière à l'entrée en terme de temps à passer qui me rebute, a bon entendeur, d'ailleurs: je cherche à m'investir dans un projet en Java pour maintenir mes compétences, si vous pouvez me filer un coup de main pour démarrer, vos conseils m'intéressent.
Bien évidement, je fais campagne pour faire connaitre le Don de moelle osseuse et pour sensibiliser les gens aux dons du sang et de plaquette. Je pense très sincèrement que si vous voulez avoir une action positive sur le monde, c'est l'un des actes à la fois le plus simple et le plus significatif que vous pouvez faire. On parle de directement sauver une vie: si je vous écris aujourd'hui, c'est parce qu'un allemand s'est dit un jour: "Tiens, si je m'inscrivais au registre?", puis est passé à l'acte. Sans lui, littéralement, je ne serais pas là aujourd'hui (vraiment, je serais mort à l'heure qu'il est), ce qui fait d'ailleurs un peu froid dans le dos quand on y pense. Il ne s'agit pas de donner de l'argent, cela représente peu de temps, mais c'est très important. Et en ce qui concerne les dons du sang, vous pouvez voir cela comme une assurance: si par malheur vous ou quelqu'un de votre famille a un accident et besoin d'une transfusion, il faut qu'il y ait de la réserve... Au passage, je suis toujours très impressionné par notre amie N., qui organise des week-end "Don", sans relâche. Donner de l'argent, c'est bien, donner de son temps comme elle le fait, c'est quand même plus la classe.
Tiens, d'ailleurs, on s'éloigne un peu du sujet, mais dans le même genre, apprendre les premiers soins, voir participer comme une autre de nos amies aux pompiers volontaires, c'est une autre façon de donner de son temps, en se préparant et en acquérant les compétences permettant d'aider des gens en détresse. C'est aussi important. Combien d'entre vous à déjà fait une formation de premiers soins?
Je m’investis aussi bien sur auprès de la Lymphoma and Leukemia Society, une association qui fait beaucoup contre la leucémie aux US (et qui le fait bien, j'ai vérifié comment était dépensé l'argent, ils font vraiment du bon boulot). J'ai d'ailleurs créé une page pour lever de l'argent à l'occasion de la marche "Light the Night" (punaise, faut que je vous mette des photos d'ailleurs!). Pour l'instant, j'ai levé 1200$, cette page est encore active, n'hésitez pas, je ne touche rien, tout va à LLS. Celia me tanne pour que j'aille donner de mon temps en temps que volontaire pour Be the Match, mais mon outil c'est vraiment l'écriture. Je le ferais, un jour. C'est important que les gens voient à quoi sert leurs don en vrai, que cela ne reste pas abstrait. Je suis d'ailleurs allé à l'hopital pour fêter mes un ans, ce qui participe de la même démarche, auprès des infirmières notamment.
Voilà pour quelques idées d'actions à entreprendre en début d'année, mais n'oubliez pas: charité ordonnée commence par soi-même. C'est tout d'abord par un comportement plus tolérant et plus humain dans notre vie de tous les jours que nous pouvons changer le monde.
Dernier point, je vous encourage à lire ce post de Patrick Rothfuss (l'auteur du "Nom du Vent" dont je vous ai déjà parlé) qui explique pourquoi il s'est investi dans l'association Heifer Internationnal (d'ailleurs, c'est encore une idée d'association à supporter, on peut gagner des bouquins alors vous vous doutez bien que j'ai participé). Cherchez la question "I love that you’re willing to donate to charity. Would you match my donation to [insert name of charity here] instead?" pour une explication très intéressante de ses motivations.
Donc traditionnellement, la fin (ou comme ici, le début) d'année, c'est la période du partage, de la charité (chrétienne ou pas) et de tous ces trucs là. Ce qui m'a rappelé que je voulais vous parler depuis longtemps des associations caritatives aux US, et d'ailleurs c'est un sujet que j'ai vu le Piou aborder il y a maintenant quelques années, mais je ne me rappelle plus où (merci man, c'est toi qui m'a fait prendre conscience de ça).
Pour nous autres français, habitués à la sécu, aux allocations chômage et à tout un ensemble de services (ça, c'est parce que l'énumération de 10 éléments que je souhaitais écrire est tombée à l'eau faute d'inspiration) prévus pour parer du mieux possible aux accidents de la vie du citoyen moyen, les US peuvent sembler être un pays très dur. Système de santé à deux vitesses (voir plus), contrats de travail rudimentaires où vous pouvez être viré dans l'heure, retraite minimale... Cela nous semble un peu choquant, pourtant force est de constater qu'il y a des avantages et que cela marche. Pas toujours, c'est sûr, et il y a plein de choses à améliorer, mais ça fonctionne à peu près, malgré l'image d'individualisme forcené que cela projette et les nombreux destins qui gisent brisés dans le sillage d'un American Dream malheureusement toujours tout puissant.
Pour que cela marche, même de façon aussi imparfaite, il faut qu'il y ait des soupapes de sureté, et les associations caritatives en sont une.
Car penser les Américains comme uniquement individualistes, c'est ne vraiment pas voir très loin. Le nombre d'américains que je cite dans mon post "Unsung Heroes" devrait déjà vous mettre la puce à l'oreille que ce n'est pas le cas: il y a énormément de solidarité entre les gens dans la vie quotidienne, et les bons sentiments que l'on peut voir dans des blockbuster à la con (comme la scène des New-Yorkais défendant le corps inanimé de Spiderman dans Spiderman 2, désolé on a les références qu'on mérite, moi c'est ça) ne sont pas que de la propagande niaise et bien pensante: les américains sont vraiment comme cela, et ils ont tendance à se dresser comme un seul homme quand par exemple, leur communauté est menacée (mais pas que, comme ils ont pu le montrer après le tremblement de terre à Haïti).
En fait, c'est comme tout dans ce pays: la charité doit être librement donnée, privée, bref, capitaliste en quelque sorte. Dans l'esprit américain (pas de tous les américains, mais une bonne partie) il est impensable d'être forcé de donner sous forme d'impôt de l'argent à l'état pour financer des hôpitaux, en revanche il est impensable de ne pas donner d'argent à l’hôpital de son choix. Le mot clé est là: le choix. Les gens veulent, en général, pouvoir disposer librement de leur argent et décider eux-mêmes à qui donner. Mais quand ils donnent, ils donnent énormément, et apparemment beaucoup plus par personne que le reste du monde. Vous dire pourquoi, c'est un peu au dessus de mes moyens d'analyse, mon impression c'est qu'il y a plusieurs facteurs: le fait que ce soit un pays très marqué par la religion est surement un paramètre, le fait que cela échappe à l'impôt un autre (soyons réaliste), mais surtout, sans ce fluidifiant social, ce lubrifiant que sont les associations caritatives, la société Américaine s'effondrerait car elle est très (trop?) dure envers les plus faibles.
D'ailleurs, une petite remarque au passage: j'écoutais il y a quelques années une émission qui parlait de ce sujet, et qui soulignais en particulier le travail de la fondation Bill and Melinda Gates... Qui fait beaucoup de travail en Afrique, ce qui est positif dans l'absolu pour les populations qui reçoivent cette aide, mais qui n'est pas totalement désintéressé, voir négatif par certains cotés car c'est aussi un moyen de diffuser la culture américaine, l'american way of life, le capitalisme et tout le business qui va avec, dans des pays et des cultures qui n'en ont pas besoin et qui s'en passeraient bien. Petite digression, c'est un peu un problème des américains d'ailleurs que de considérer qu'ils sont la seule démocratie sur Terre, que leur société est la meilleure sur Terre, et que tout le monde en bénéficierait, ce qui est bien évidement complètement primaire et inexact.
Bref, en cette nouvelle année, je voulais à nouveau en profiter pour vous encourager à investir du temps, ou de l'argent si vous n'avez pas le temps, dans une association caritative. Je vais vous donner quelques idées; ce n'est pas pour me faire mousser, genre "regardez je suis trop généreux": moi je suis généreux avec ma carte bleue c'est un peu facile. Ce sont juste des associations que j'apprécie et dont j'ai envie de parler.
Chaque année, je donne un peu d'argent à Wikipedia. Cette année, vu ma situation, j'ai donné 5$, quand je peux plus, je fais plus. Pour moi c'est, malgré ses défauts, l'une des merveilles du monde moderne, et il ne se passe pas une journée sans que je ne l'utilise. Si c'était payant, je paierais, donc voilà. Dans la même veine, de temps en temps, je supporte les actions de l'Electronic Frontier Fondation, qui forment selon moi un contre pouvoir intéressant/important. Dans le même genre d'idée, j'aimerais passer du temps à contribuer aux logiciels libres, malheureusement je trouve qu'il y a une certaine barrière à l'entrée en terme de temps à passer qui me rebute, a bon entendeur, d'ailleurs: je cherche à m'investir dans un projet en Java pour maintenir mes compétences, si vous pouvez me filer un coup de main pour démarrer, vos conseils m'intéressent.
Bien évidement, je fais campagne pour faire connaitre le Don de moelle osseuse et pour sensibiliser les gens aux dons du sang et de plaquette. Je pense très sincèrement que si vous voulez avoir une action positive sur le monde, c'est l'un des actes à la fois le plus simple et le plus significatif que vous pouvez faire. On parle de directement sauver une vie: si je vous écris aujourd'hui, c'est parce qu'un allemand s'est dit un jour: "Tiens, si je m'inscrivais au registre?", puis est passé à l'acte. Sans lui, littéralement, je ne serais pas là aujourd'hui (vraiment, je serais mort à l'heure qu'il est), ce qui fait d'ailleurs un peu froid dans le dos quand on y pense. Il ne s'agit pas de donner de l'argent, cela représente peu de temps, mais c'est très important. Et en ce qui concerne les dons du sang, vous pouvez voir cela comme une assurance: si par malheur vous ou quelqu'un de votre famille a un accident et besoin d'une transfusion, il faut qu'il y ait de la réserve... Au passage, je suis toujours très impressionné par notre amie N., qui organise des week-end "Don", sans relâche. Donner de l'argent, c'est bien, donner de son temps comme elle le fait, c'est quand même plus la classe.
Tiens, d'ailleurs, on s'éloigne un peu du sujet, mais dans le même genre, apprendre les premiers soins, voir participer comme une autre de nos amies aux pompiers volontaires, c'est une autre façon de donner de son temps, en se préparant et en acquérant les compétences permettant d'aider des gens en détresse. C'est aussi important. Combien d'entre vous à déjà fait une formation de premiers soins?
Je m’investis aussi bien sur auprès de la Lymphoma and Leukemia Society, une association qui fait beaucoup contre la leucémie aux US (et qui le fait bien, j'ai vérifié comment était dépensé l'argent, ils font vraiment du bon boulot). J'ai d'ailleurs créé une page pour lever de l'argent à l'occasion de la marche "Light the Night" (punaise, faut que je vous mette des photos d'ailleurs!). Pour l'instant, j'ai levé 1200$, cette page est encore active, n'hésitez pas, je ne touche rien, tout va à LLS. Celia me tanne pour que j'aille donner de mon temps en temps que volontaire pour Be the Match, mais mon outil c'est vraiment l'écriture. Je le ferais, un jour. C'est important que les gens voient à quoi sert leurs don en vrai, que cela ne reste pas abstrait. Je suis d'ailleurs allé à l'hopital pour fêter mes un ans, ce qui participe de la même démarche, auprès des infirmières notamment.
Voilà pour quelques idées d'actions à entreprendre en début d'année, mais n'oubliez pas: charité ordonnée commence par soi-même. C'est tout d'abord par un comportement plus tolérant et plus humain dans notre vie de tous les jours que nous pouvons changer le monde.
Dernier point, je vous encourage à lire ce post de Patrick Rothfuss (l'auteur du "Nom du Vent" dont je vous ai déjà parlé) qui explique pourquoi il s'est investi dans l'association Heifer Internationnal (d'ailleurs, c'est encore une idée d'association à supporter, on peut gagner des bouquins alors vous vous doutez bien que j'ai participé). Cherchez la question "I love that you’re willing to donate to charity. Would you match my donation to [insert name of charity here] instead?" pour une explication très intéressante de ses motivations.
mercredi 9 janvier 2013
La méditation, par Boulet
Allez, très rapidement, je partage cette planche de Boulet, qui raconte la première tentative de méditation de son personnage.
(Note to English speakers: it is a funny webcomic about someone's first try at meditation, and for once, it is in english).
Ça fait maintenant plusieurs années que je pratique la méditation quotidiennement, et c'est vraiment exactement ça, quand on commence voir même longtemps après pour certains, comme par exemple votre .... zzzzzz zzzzzz zzzzz .... serviteur.
Voilà, c'est tout!
(Note to English speakers: it is a funny webcomic about someone's first try at meditation, and for once, it is in english).
Ça fait maintenant plusieurs années que je pratique la méditation quotidiennement, et c'est vraiment exactement ça, quand on commence voir même longtemps après pour certains, comme par exemple votre .... zzzzzz zzzzzz zzzzz .... serviteur.
Voilà, c'est tout!
lundi 7 janvier 2013
Bonne année 2013!
Ah... Et ben, ça fait du bien de faire une petite pause!
Bon j'ai déjà fait pas mal de post détaillant ce que je pense des vœux de nouvel an, allant de l'énervement, à quelque chose de plus modéré, puis... d'encore plus modéré. Je me demandais donc ce que j'allais vous faire comme laïus spiritualo-bobo-moralisateur sans bien trouver... Et puis j'ai eu une idée! Et ouais, on va bien commencer l'année, vous n'y couperez pas :-p.
Commençons par le commencement: bonne année et surtout bonne santé à vous tous! Et qu'on me dise pas que 2013 c'est l'année de la fraise, me prenez pas pour un con, bande de dégueulasses.
Bref.
Durant la transplantation, Celia et moi avions pris l'habitude de faire tous les soirs un petit jeu tout simple, qui est de discuter de quel a été le meilleur moment de notre journée. Vous allez vous moquer, mais c'est une idée que nous avons eu en regardant "Supernanny" (version US, bien sûr). La famille dont il est question dans l'épisode a des gros problèmes de communication et Jojo (c'est le nom de la nanny) décide donc de mettre en place cette tradition lors du diner afin de forcer un peu l'établissement d'une communication régulière entre les membres de la famille et particulièrement pour donner une voix aux enfants. Nous nous sommes dit que c'était une super idée de coutume à mettre en place dans notre famille naissante, puisque nous sommes une famille, même si elle n'est; pour l'instant composée que de nous et de deux chats.
Cela fait partie de ces petits trucs, de ces petits exercices, qui semblent tout bêtes vu de loin comme ça mais qui sont bien plus riches qu'ils n'y paraissent.
L'une des conséquences immédiate, c'est l'ouverture d'un échange avec l'autre un peu plus profond que le sempiternel "ta journée s'est bien passée?". Comme l'on parle de bonheur, et en plus d'absolu ("meilleur moment"), on tend en général à tout de suite passer dans un mode de réflexion un peu plus profond que "Ouais, bof, la routine". Et c'est très intéressant car on se rend vite compte que l'on a beau vivre exactement le même week-end que son conjoint, on peut avoir aimé des moments vraiment différents. Pour avoir fait l'exercice avec des enfants, c'est aussi surprenant parfois, de voir la journée par leurs yeux, leur réponse étant complètement à l'opposée de ce que vous attendiez.
Nous faisons aussi parfois l'exercice inverse: "Quel a été le pire moment de ta journée", particulièrement dans les moments difficiles. C'est d'ailleurs encore plus révélateur et utile dans ces moments et il est encore moins facile de prévoir ce que va répondre quelqu'un que dans la version positive. Pendant la transplantation par exemple, il y avait des réponses de pire moment assez évidentes, comme par exemple quand je n'ai pas eu le temps d'aller aux toilettes quand j'ai eu la diarrhée. Il faut avouer que dans le genre moment de merde, ça se pose là. Pourtant le pire moment de ma journée ce n'était pas ça, mais plutôt quand j'ai vu Celia s'écrouler de fatigue et quand je me suis demandé comment elle faisait pour tenir ce calvaire en plus du boulot. "Le pire n'est jamais certain" dit un poète espagnol... Et c'est vrai qu'il est très difficile de prévoir ce que quelqu'un va vraiment mal vivre, d'autant plus quand c'est quelqu'un avec lequel on vit en permanence et dont on a plus ou moins l'impression qu'il ou elle vit la même chose que nous. Il arrive que cela soit des choses que nous considérons comme triviales, et c'est donc d'autant plus important et enrichissant d'en parler.
L'une des choses les plus intéressantes qu'apporte cette exercice selon moi, c'est ce moment d'introspection qui nait de cette simple question: "Quel a été le meilleur moment de ma journée?". Parfois je me retrouve pris par surprise. C'est vrai, qu'ai-je bien aimé aujourd'hui? Qu'est ce qui m'a vraiment plu? C'est un exercice de communication avec l'autre, mais cela ouvre aussi et avant tout la communication avec soi-même, ce qui est toujours le plus important (comment peut-on écouter l'autre si l'on ne s'écoute pas soi-même?).
Au travers de cet exercice, on apprend aussi sur nous même, sur ce qui nous rend heureux, sur ce qu'est le bonheur pour nous. Il y a des jours, c'est évident, comme ce jour où nous avons fait un tour en montgolfière. Le meilleur moment, pour Celia comme pour moi, c'est quand nous nous sommes envolés, c'était magique et ça serait magique pour tout le monde (sauf pour quelqu'un qui a le vertige, j'imagine). Mais il ne faut pas tomber dans le syndrome d'essayer de rendre chaque jour "legendary". C'est un des défauts de notre culture moderne, et qui est encore plus sensible aux US ou tout doit être toujours plus grand, plus beau, où l'on ne se souhaite plus une bonne journée, mais un "Awesome day", ou un "Fantastic day", comme si "Good" ne suffisait plus. Chaque journée n'a pas besoin d'être plus merveilleuse que la précédente, et le bonheur, le vrai bonheur, est le plus souvent simple. L'un de mes moments préférés de la journée, c'est régulièrement quand je m'installe pour méditer et que mon chat vient se rouler en boule à coté de moi, et je pourrai gagner dix fois ce que je gagne sans autant changer cela. A la limite, si j'avais un appartement avec vue sur la mer, mais bon, comme je ferme les yeux quand je médite...
Pour moi l'une des meilleurs réponses à ce jeu, c'est justement quand je n'ai rien à dire parce que j'ai juste passé une bonne journée, parce que j'ai juste été heureux de bout en bout. Hier, je me suis levé, j'ai fait la vaisselle, on a mangé en regardant un truc marrant, ensuite on a été au musée, il pleuvait, en rentrant on a fait des courses, on s'est entrainé, on a fait de la galette à la frangipane, on a parlé et j'étais juste heureux, de bout en bout. Pas besoin de superlatifs, pas besoin d'acheter de trucs, pas besoin de pointes de bonheur comme un shoot de drogue.
Attention, il ne faut pas confondre ce bonheur tranquille et le fait de se laisser bercer par une routine monotone, engourdissante et anesthésiante, on est d'accord. Mais il me semble que c'est un peu l'un ou l'autre, soit les gens sont englués dans un quotidien où effectivement, il n'y a pas de meilleur moment de la journée parce qu'elle est juste assez supportable pour ne pas être qualifiée de mauvaise, soit ils se jettent corps et âme dans une excitation et une trépidation qui est plus une espèce de fuite en avant face à un mal être que la vraie joie d'exister.
En 2013, a vous de trouver où est votre joie d'exister! Et bonne année :).
Bon j'ai déjà fait pas mal de post détaillant ce que je pense des vœux de nouvel an, allant de l'énervement, à quelque chose de plus modéré, puis... d'encore plus modéré. Je me demandais donc ce que j'allais vous faire comme laïus spiritualo-bobo-moralisateur sans bien trouver... Et puis j'ai eu une idée! Et ouais, on va bien commencer l'année, vous n'y couperez pas :-p.
Commençons par le commencement: bonne année et surtout bonne santé à vous tous! Et qu'on me dise pas que 2013 c'est l'année de la fraise, me prenez pas pour un con, bande de dégueulasses.
Bref.
Durant la transplantation, Celia et moi avions pris l'habitude de faire tous les soirs un petit jeu tout simple, qui est de discuter de quel a été le meilleur moment de notre journée. Vous allez vous moquer, mais c'est une idée que nous avons eu en regardant "Supernanny" (version US, bien sûr). La famille dont il est question dans l'épisode a des gros problèmes de communication et Jojo (c'est le nom de la nanny) décide donc de mettre en place cette tradition lors du diner afin de forcer un peu l'établissement d'une communication régulière entre les membres de la famille et particulièrement pour donner une voix aux enfants. Nous nous sommes dit que c'était une super idée de coutume à mettre en place dans notre famille naissante, puisque nous sommes une famille, même si elle n'est; pour l'instant composée que de nous et de deux chats.
Cela fait partie de ces petits trucs, de ces petits exercices, qui semblent tout bêtes vu de loin comme ça mais qui sont bien plus riches qu'ils n'y paraissent.
L'une des conséquences immédiate, c'est l'ouverture d'un échange avec l'autre un peu plus profond que le sempiternel "ta journée s'est bien passée?". Comme l'on parle de bonheur, et en plus d'absolu ("meilleur moment"), on tend en général à tout de suite passer dans un mode de réflexion un peu plus profond que "Ouais, bof, la routine". Et c'est très intéressant car on se rend vite compte que l'on a beau vivre exactement le même week-end que son conjoint, on peut avoir aimé des moments vraiment différents. Pour avoir fait l'exercice avec des enfants, c'est aussi surprenant parfois, de voir la journée par leurs yeux, leur réponse étant complètement à l'opposée de ce que vous attendiez.
Nous faisons aussi parfois l'exercice inverse: "Quel a été le pire moment de ta journée", particulièrement dans les moments difficiles. C'est d'ailleurs encore plus révélateur et utile dans ces moments et il est encore moins facile de prévoir ce que va répondre quelqu'un que dans la version positive. Pendant la transplantation par exemple, il y avait des réponses de pire moment assez évidentes, comme par exemple quand je n'ai pas eu le temps d'aller aux toilettes quand j'ai eu la diarrhée. Il faut avouer que dans le genre moment de merde, ça se pose là. Pourtant le pire moment de ma journée ce n'était pas ça, mais plutôt quand j'ai vu Celia s'écrouler de fatigue et quand je me suis demandé comment elle faisait pour tenir ce calvaire en plus du boulot. "Le pire n'est jamais certain" dit un poète espagnol... Et c'est vrai qu'il est très difficile de prévoir ce que quelqu'un va vraiment mal vivre, d'autant plus quand c'est quelqu'un avec lequel on vit en permanence et dont on a plus ou moins l'impression qu'il ou elle vit la même chose que nous. Il arrive que cela soit des choses que nous considérons comme triviales, et c'est donc d'autant plus important et enrichissant d'en parler.
L'une des choses les plus intéressantes qu'apporte cette exercice selon moi, c'est ce moment d'introspection qui nait de cette simple question: "Quel a été le meilleur moment de ma journée?". Parfois je me retrouve pris par surprise. C'est vrai, qu'ai-je bien aimé aujourd'hui? Qu'est ce qui m'a vraiment plu? C'est un exercice de communication avec l'autre, mais cela ouvre aussi et avant tout la communication avec soi-même, ce qui est toujours le plus important (comment peut-on écouter l'autre si l'on ne s'écoute pas soi-même?).
Au travers de cet exercice, on apprend aussi sur nous même, sur ce qui nous rend heureux, sur ce qu'est le bonheur pour nous. Il y a des jours, c'est évident, comme ce jour où nous avons fait un tour en montgolfière. Le meilleur moment, pour Celia comme pour moi, c'est quand nous nous sommes envolés, c'était magique et ça serait magique pour tout le monde (sauf pour quelqu'un qui a le vertige, j'imagine). Mais il ne faut pas tomber dans le syndrome d'essayer de rendre chaque jour "legendary". C'est un des défauts de notre culture moderne, et qui est encore plus sensible aux US ou tout doit être toujours plus grand, plus beau, où l'on ne se souhaite plus une bonne journée, mais un "Awesome day", ou un "Fantastic day", comme si "Good" ne suffisait plus. Chaque journée n'a pas besoin d'être plus merveilleuse que la précédente, et le bonheur, le vrai bonheur, est le plus souvent simple. L'un de mes moments préférés de la journée, c'est régulièrement quand je m'installe pour méditer et que mon chat vient se rouler en boule à coté de moi, et je pourrai gagner dix fois ce que je gagne sans autant changer cela. A la limite, si j'avais un appartement avec vue sur la mer, mais bon, comme je ferme les yeux quand je médite...
Pour moi l'une des meilleurs réponses à ce jeu, c'est justement quand je n'ai rien à dire parce que j'ai juste passé une bonne journée, parce que j'ai juste été heureux de bout en bout. Hier, je me suis levé, j'ai fait la vaisselle, on a mangé en regardant un truc marrant, ensuite on a été au musée, il pleuvait, en rentrant on a fait des courses, on s'est entrainé, on a fait de la galette à la frangipane, on a parlé et j'étais juste heureux, de bout en bout. Pas besoin de superlatifs, pas besoin d'acheter de trucs, pas besoin de pointes de bonheur comme un shoot de drogue.
Attention, il ne faut pas confondre ce bonheur tranquille et le fait de se laisser bercer par une routine monotone, engourdissante et anesthésiante, on est d'accord. Mais il me semble que c'est un peu l'un ou l'autre, soit les gens sont englués dans un quotidien où effectivement, il n'y a pas de meilleur moment de la journée parce qu'elle est juste assez supportable pour ne pas être qualifiée de mauvaise, soit ils se jettent corps et âme dans une excitation et une trépidation qui est plus une espèce de fuite en avant face à un mal être que la vraie joie d'exister.
En 2013, a vous de trouver où est votre joie d'exister! Et bonne année :).
lundi 24 décembre 2012
Joyeux Noël 2012!
Bon et ben on a de la famille en provenance de France en visite, alors je serais très bref:
Joyeux Noël à tous, avec une pensée particulière pour ceux qui sont en transplantation en ce moment. On pense à vous, courage.
Joyeux Noël à tous, avec une pensée particulière pour ceux qui sont en transplantation en ce moment. On pense à vous, courage.
mardi 18 décembre 2012
"La mongoliade" et "Le nom du vent"
Dans la série "ma librairie est formidable", il y a quelques jours ont eu lieu deux évènements vraiment cools.
Tout d'abord ils ont invité toute l'équipe de "La Mongoliade" (the Mongoliad), avec parmi eux les deux légendes vivantes que sont Neal Stephenson et Greg Brear. Je sais je dis toujours ça, mais c'est parce que c'est vrai. On ne les présente plus, ils ont tous les deux été récompensés et nominés pour la Hugo Award (et Greg Bear pour la Nebula), qui sont les Goncourts de la littérature fantastique US, en quelques sorte.
La Mongoliade, c'est quoi?
Et bien au départ c'était une série écrite sur Internet, par un collectif d'auteur dont les deux légendes sus-mentionnées. Les auteurs font tous partie d'un groupe de recherche en escrime ancienne et au cours d'une session d'entrainement, ils se sont demandé pourquoi est-ce que les Mongols avaient conquis la moitié du monde connu pour s’arrêter en gros en Allemagne, rentrer chez eux, et remettre ça de l'autre coté en partant à la conquête de la Chine. C'était aussi de leur propre aveu un prétexte pour décrire des scènes de combat les plus réaliste possible, et la plupart des combats de la Mongoliade ont d'ailleurs été simulés à l'entrainement pour s'assurer de leur cohérence.
Petite digression, qu'est ce que c'est que la recherche en escrime ancienne?
Et bien figurez-vous que l'on ne connait pas grand chose de l'escrime du moyen-âge. Je vous parle de combat avec de vraies épées, pas les cure-dents comme que l'on voit aux Jeux Olympiques. Il nous reste des vieux manuels de l'époque, mais étant donné le niveau des illustrations, c'est assez compliqué de retrouver exactement ce que pouvait être l'art de combat en vrai, et d'ailleurs la dérive sportive de la plupart des styles modernes n'aide pas à se faire une idée, bien au contraire.
Il se trouve que je m'intéresse beaucoup à l'escrime, pratiquant moi-même un style d'épée venant des Philippines et donc forcément j'étais au taquet pour poser des questions, en particulier à Neal qui est mon idole depuis un moment déjà. L'avantage de connaitre le sujet, c'est que l'on peut glisser des références historiques dans les questions afin de montrer que l'on fait "partie du gang", et tout de suite la discussion prend une autre dimension. Pour ne rien gâcher, il n'y avait pratiquement personne car ils avaient oublié de faire la promotion de cet évènement et donc j'ai pu tailler une bavette avec Neal Stephenson et apprendre où ils s’entraînent. Bon, pour le moment, cela ne me sert pas à grand chose vu mon état, mais un jour, j'irais croiser le fer avec Neal Stephenson et ça, c'est bien cool.
Parmi les trucs intéressant que j'ai appris en posant ces questions, c'est qu'ils ont substantiellement remanié l'histoire parce que certains combats ne collaient pas: étant donné la configuration, un personnage aurait gagné à coup sûr alors que pour les besoins de l'histoire, c'est l'autre qui devait gagner, les conduisant à développer et enrichir substantiellement des personnages secondaires.
Bon et le bouquin dans tout ça? Et bien déjà, il est publié en version papier chez 47North, la boite d'édition papier d'Amazon basée à Seattle. Il y a donc une petite Space Needle sur la tranche et ça c'est classe. En plus, les miens sont dédicacés par toute l'équipe, et ça c'est doublement classe. A part cela, j'ai plutôt bien aimé, mais ce n'est pas non plus le bouquin du siècle. J'aime particulièrement tout ce qui se passe chez les Mongols, bien plus attachants et fascinants que les Européens. C'est en outre agréable de lire des combats d'escrime réalistes pour une fois. Maintenant cela n'a pas le niveau du "Trône de Fer" de Martin, par exemple. La découverte de l'invasion Mongole est vraiment sympathique, mais c'est une lecture relativement dispensable au final. Je crois que ce qui me gène c'est que l'on a l'impression que les deux premiers volumes sont une mise en place de tous les personnages. Le troisième volume va être aussi gros que les deux premiers, donc on peut espérer que cela décolle vraiment, et d'autres livres à d'autres périodes sont prévus dans le même monde (The Foreworld, notre monde avec des adaptations).
Allez, un petit lien Amazon, si vous voulez tenter.
Autant je suis positif mais mitigé sur la "Mongoliade", autant "Le nom du vent", c'est ma grosse claque de l'année 2012 en fantasy. Un ami me l'avait conseillé à sa sortie, je ne l'avais pas acheté car je pensais que l'auteur, Patrick Rothfuss, était français et je n'avais pas envie de me taper 10 euros de frais de port... Sauf qu'en fait l'auteur est américain et donc quand j'ai enfin percuté (qu'est ce que je peux être con, des fois), je me suis jeté dessus.
Le Nom du vent, c'est l'autobiographie (donc plus ou moins fiable...) d'un certain Kvothe, magicien de talent, musicien d'exception, tueur de roi et légende vivante de son état. J'aime beaucoup le parti pris: contrairement à un Aragorn ou un Harry Potter qui sont des légendes de naissance, Kvothe est à la base un garçon normal doté d'une volonté et d'une intelligence exceptionnelles, qui va devenir, par l'unique force de ses actes, un (anti?) héros.
En parlant d'Harry Potter, j'ai vu des critiques faisant la comparaison entre Harry Potter et le Nom du Vent. Il y a évidement une similitude très claire, la majeure partie du premier volume consistant en l'éducation de Kvothe à l'Université (qui est autant une université de Magie que de Mathématique, ça ne vous a jamais choqué qu'Harry arrive à 18 ans sans prendre un cours de Math?), mais c'est traité très différemment. En particulier les personnages secondaires sont bien plus nuancés que les caricatures d'Harry Potter ou des séries de Robin Hobb. J'adore Robin Hobb mais parfois on a envie de jeter ses bouquins à la poubelle tellement ses personnages prennent toujours la plus mauvaise décision, celle qui les fera le plus souffrir. Ce n'est pas le cas dans le Nom du Vent, même si Kvothe, étant adolescent, n'est parfois pas le plus malin malgré son intelligence remarquable.
Il y a un truc que j'ai aussi vraiment apprécié dans ce bouquin c'est que le monde est décrit par petites touches, souvent au travers de l'explication de son système de magie qui détermine une part importante du niveau technologique de la société dans laquelle évolue Kvothe. Rothfuss ne commet jamais l'erreur particulièrement agaçante de mettre dans la bouche de ses personnage des explications sur son monde (du genre "Mais, au fait Kvothe, une drab, ca vaut combien de pennies? Mais voyons Will, tu devrais réviser les taux de change que tu as pratiqué toute ta vie enfin, tu sais bien qu'une drab vaut 0.1 pennies et 1 talent vaut 10 pennies!"), et on découvre le passé du monde au fur et à mesure des investigations de Kvothe sur un sujet précis, qui sans cela ne ferait évidement pas un cours d'histoire à son interlocuteur.
La plus grande force de cette série d'ailleurs, c'est que c'est extrêmement bien écrit, ce qui est quand même assez rare dans ce genre et donc d'autant plus remarquable et remarqué.
Quelques mots sur l'auteur en passant, vu que je l'ai croisé à la séance de dédicaces. Déjà, pour continuer la comparaison avec Harry Potter, le monsieur ressemble à Hagrid dans les films, il a en particulier exactement la même barbe... Mais un Hagrid cultivé, qui, quand on lui demande son livre préféré, cite "Cyrano De Bergerac". Raison de plus pour être fan de lui puisque c'est aussi mon cas. Contrairement à beaucoup d'auteurs que j'ai vu en séance de dédicaces, il est aussi tout sauf introverti (contrairement à Neal Stephenson par exemple, qui malgré son statut de légende vivante, est visiblement mal à l'aise en public). Son intervention était un véritable one-man show, la librairie, qui était bourrée à craqué de fans, était gondolée de rire pendant une heure d'affilée. Il me fait penser à Louis C.K, pour ceux qui connaissent. Il vous raconte sa vie, et c'est juste drôle. Je raconterais le même truc, on se ferait chier, mais lui c'est drôle. Pour vous donner une idée de l'ambiance, allez voire cette vidéo où il parle de son cochon d'inde. C'est en anglais, désolé, en résumé, il raconte comment, pour avoir le droit de garder son cochon d'inde en résidence universitaire, il a eu à prouver que c'était un poisson, en immergeant notamment le cochon dans un bol d'eau sous le regard de l'intendant médusé.
Bref, si vous aimez la littérature fantastique, foncez, le seul truc que vous perdrez c'est le sommeil. Pour ceux qui aiment Harry Potter, foncez, c'est mieux. Pour ceux qui n'aiment pas Harry Potter, foncez aussi, je dis ça aux autres juste pour les faire acheter, vous allez voir ça n'a rien à voir, c'est carrément mieux. Bref, foncez.
La Mongoliade
Tout d'abord ils ont invité toute l'équipe de "La Mongoliade" (the Mongoliad), avec parmi eux les deux légendes vivantes que sont Neal Stephenson et Greg Brear. Je sais je dis toujours ça, mais c'est parce que c'est vrai. On ne les présente plus, ils ont tous les deux été récompensés et nominés pour la Hugo Award (et Greg Bear pour la Nebula), qui sont les Goncourts de la littérature fantastique US, en quelques sorte.
La Mongoliade, c'est quoi?
Et bien au départ c'était une série écrite sur Internet, par un collectif d'auteur dont les deux légendes sus-mentionnées. Les auteurs font tous partie d'un groupe de recherche en escrime ancienne et au cours d'une session d'entrainement, ils se sont demandé pourquoi est-ce que les Mongols avaient conquis la moitié du monde connu pour s’arrêter en gros en Allemagne, rentrer chez eux, et remettre ça de l'autre coté en partant à la conquête de la Chine. C'était aussi de leur propre aveu un prétexte pour décrire des scènes de combat les plus réaliste possible, et la plupart des combats de la Mongoliade ont d'ailleurs été simulés à l'entrainement pour s'assurer de leur cohérence.
Petite digression, qu'est ce que c'est que la recherche en escrime ancienne?
Et bien figurez-vous que l'on ne connait pas grand chose de l'escrime du moyen-âge. Je vous parle de combat avec de vraies épées, pas les cure-dents comme que l'on voit aux Jeux Olympiques. Il nous reste des vieux manuels de l'époque, mais étant donné le niveau des illustrations, c'est assez compliqué de retrouver exactement ce que pouvait être l'art de combat en vrai, et d'ailleurs la dérive sportive de la plupart des styles modernes n'aide pas à se faire une idée, bien au contraire.
Il se trouve que je m'intéresse beaucoup à l'escrime, pratiquant moi-même un style d'épée venant des Philippines et donc forcément j'étais au taquet pour poser des questions, en particulier à Neal qui est mon idole depuis un moment déjà. L'avantage de connaitre le sujet, c'est que l'on peut glisser des références historiques dans les questions afin de montrer que l'on fait "partie du gang", et tout de suite la discussion prend une autre dimension. Pour ne rien gâcher, il n'y avait pratiquement personne car ils avaient oublié de faire la promotion de cet évènement et donc j'ai pu tailler une bavette avec Neal Stephenson et apprendre où ils s’entraînent. Bon, pour le moment, cela ne me sert pas à grand chose vu mon état, mais un jour, j'irais croiser le fer avec Neal Stephenson et ça, c'est bien cool.
Parmi les trucs intéressant que j'ai appris en posant ces questions, c'est qu'ils ont substantiellement remanié l'histoire parce que certains combats ne collaient pas: étant donné la configuration, un personnage aurait gagné à coup sûr alors que pour les besoins de l'histoire, c'est l'autre qui devait gagner, les conduisant à développer et enrichir substantiellement des personnages secondaires.
Bon et le bouquin dans tout ça? Et bien déjà, il est publié en version papier chez 47North, la boite d'édition papier d'Amazon basée à Seattle. Il y a donc une petite Space Needle sur la tranche et ça c'est classe. En plus, les miens sont dédicacés par toute l'équipe, et ça c'est doublement classe. A part cela, j'ai plutôt bien aimé, mais ce n'est pas non plus le bouquin du siècle. J'aime particulièrement tout ce qui se passe chez les Mongols, bien plus attachants et fascinants que les Européens. C'est en outre agréable de lire des combats d'escrime réalistes pour une fois. Maintenant cela n'a pas le niveau du "Trône de Fer" de Martin, par exemple. La découverte de l'invasion Mongole est vraiment sympathique, mais c'est une lecture relativement dispensable au final. Je crois que ce qui me gène c'est que l'on a l'impression que les deux premiers volumes sont une mise en place de tous les personnages. Le troisième volume va être aussi gros que les deux premiers, donc on peut espérer que cela décolle vraiment, et d'autres livres à d'autres périodes sont prévus dans le même monde (The Foreworld, notre monde avec des adaptations).
Allez, un petit lien Amazon, si vous voulez tenter.
Le nom du vent et sa suite La peur du sage
Autant je suis positif mais mitigé sur la "Mongoliade", autant "Le nom du vent", c'est ma grosse claque de l'année 2012 en fantasy. Un ami me l'avait conseillé à sa sortie, je ne l'avais pas acheté car je pensais que l'auteur, Patrick Rothfuss, était français et je n'avais pas envie de me taper 10 euros de frais de port... Sauf qu'en fait l'auteur est américain et donc quand j'ai enfin percuté (qu'est ce que je peux être con, des fois), je me suis jeté dessus.
Le Nom du vent, c'est l'autobiographie (donc plus ou moins fiable...) d'un certain Kvothe, magicien de talent, musicien d'exception, tueur de roi et légende vivante de son état. J'aime beaucoup le parti pris: contrairement à un Aragorn ou un Harry Potter qui sont des légendes de naissance, Kvothe est à la base un garçon normal doté d'une volonté et d'une intelligence exceptionnelles, qui va devenir, par l'unique force de ses actes, un (anti?) héros.
En parlant d'Harry Potter, j'ai vu des critiques faisant la comparaison entre Harry Potter et le Nom du Vent. Il y a évidement une similitude très claire, la majeure partie du premier volume consistant en l'éducation de Kvothe à l'Université (qui est autant une université de Magie que de Mathématique, ça ne vous a jamais choqué qu'Harry arrive à 18 ans sans prendre un cours de Math?), mais c'est traité très différemment. En particulier les personnages secondaires sont bien plus nuancés que les caricatures d'Harry Potter ou des séries de Robin Hobb. J'adore Robin Hobb mais parfois on a envie de jeter ses bouquins à la poubelle tellement ses personnages prennent toujours la plus mauvaise décision, celle qui les fera le plus souffrir. Ce n'est pas le cas dans le Nom du Vent, même si Kvothe, étant adolescent, n'est parfois pas le plus malin malgré son intelligence remarquable.
Il y a un truc que j'ai aussi vraiment apprécié dans ce bouquin c'est que le monde est décrit par petites touches, souvent au travers de l'explication de son système de magie qui détermine une part importante du niveau technologique de la société dans laquelle évolue Kvothe. Rothfuss ne commet jamais l'erreur particulièrement agaçante de mettre dans la bouche de ses personnage des explications sur son monde (du genre "Mais, au fait Kvothe, une drab, ca vaut combien de pennies? Mais voyons Will, tu devrais réviser les taux de change que tu as pratiqué toute ta vie enfin, tu sais bien qu'une drab vaut 0.1 pennies et 1 talent vaut 10 pennies!"), et on découvre le passé du monde au fur et à mesure des investigations de Kvothe sur un sujet précis, qui sans cela ne ferait évidement pas un cours d'histoire à son interlocuteur.
La plus grande force de cette série d'ailleurs, c'est que c'est extrêmement bien écrit, ce qui est quand même assez rare dans ce genre et donc d'autant plus remarquable et remarqué.
Quelques mots sur l'auteur en passant, vu que je l'ai croisé à la séance de dédicaces. Déjà, pour continuer la comparaison avec Harry Potter, le monsieur ressemble à Hagrid dans les films, il a en particulier exactement la même barbe... Mais un Hagrid cultivé, qui, quand on lui demande son livre préféré, cite "Cyrano De Bergerac". Raison de plus pour être fan de lui puisque c'est aussi mon cas. Contrairement à beaucoup d'auteurs que j'ai vu en séance de dédicaces, il est aussi tout sauf introverti (contrairement à Neal Stephenson par exemple, qui malgré son statut de légende vivante, est visiblement mal à l'aise en public). Son intervention était un véritable one-man show, la librairie, qui était bourrée à craqué de fans, était gondolée de rire pendant une heure d'affilée. Il me fait penser à Louis C.K, pour ceux qui connaissent. Il vous raconte sa vie, et c'est juste drôle. Je raconterais le même truc, on se ferait chier, mais lui c'est drôle. Pour vous donner une idée de l'ambiance, allez voire cette vidéo où il parle de son cochon d'inde. C'est en anglais, désolé, en résumé, il raconte comment, pour avoir le droit de garder son cochon d'inde en résidence universitaire, il a eu à prouver que c'était un poisson, en immergeant notamment le cochon dans un bol d'eau sous le regard de l'intendant médusé.
Bref, si vous aimez la littérature fantastique, foncez, le seul truc que vous perdrez c'est le sommeil. Pour ceux qui aiment Harry Potter, foncez, c'est mieux. Pour ceux qui n'aiment pas Harry Potter, foncez aussi, je dis ça aux autres juste pour les faire acheter, vous allez voir ça n'a rien à voir, c'est carrément mieux. Bref, foncez.
jeudi 13 décembre 2012
Courage et conseils pour la transplantation
Dans les jours qui viennent, deux personnes de ma connaissance vont recevoir une greffe de moelle osseuse.
En fait je voulais juste vous écrire quelques conseils. Je vous les ai déjà donnés, mais si vous êtes comme moi, vous comprenez vite mais il faut vous expliquer longtemps. Alors, comme c'est vraiment important, j'en rajoute une couche.
Tout d'abord, réfléchissez bien à tout ce que vous voulez emporter avec vous à l’hôpital. Vous emmènerez probablement trop de choses car vous serez trop fatigués pour lire les 10 bouquins que vous avez stocké sur votre Kindle, mais mieux vaut avoir ce qu'on veut que de s'ennuyer. Pensez aussi aux trucs sentimentaux, ça aide pour tenir le cap d'avoir des objets un peu symboliques ou des photos de vos proches et amis.
Rappelez-vous, dès demain et tant que cela sera possible, de boire énormément. Je suis tombé dans les pommes pendant l'une des séances d'hydratation parce que je n'étais pas assez hydraté, c'est vraiment important, profitez de ma connerie pour ne pas refaire la même.
Pour limiter la mucite au maximum (c'est potentiellement le plus douloureux, on va pas se mentir) faites des bains de bouche à la saline (demandez en à l'infirmière) toutes les deux heures ou plus sans faute. J'ai été hyper rigoureux avec ça, et ça a bien aidé. Ça semble trop simple, mais ça marche vraiment. Aussi, si ça commence à faire mal, il y a des bains de bouche à la lidocaïne, n'hésitez pas à en demander, c'est très efficace.
Marchez tous les jours autant que possible, même si c'est pour faire le tour de votre chambre 3 ou 4 fois. C'est super important, sinon au bout des 20-30 jours vous allez être super affaiblis, alors qu'en marchant régulièrement vous allez garder du tonus. Si vous êtes vraiment démontés, rien que de se lever, bouger un peu, faire un tour de la chambre, ça aide. Quand j'étais vraiment au fond du trou, je faisais juste un tour de l'étage, mais je le faisais chaque fois que j'étais réveillé, une dizaine de fois par jour. Ça passe le temps et ça fait du bien. Je crois qu'en France vous êtes confinés à votre chambre (quelle horreur, je compatis), alors faites des tours de votre chambre, c'est toujours ça.
Enfin dernier conseil, n'hésitez pas à demander des anti-douleur, oxycodone ou autre. Ça ne sert à rien d'en chier plus que nécessaire. Pareil pour le sommeil, si vous n'arrivez pas a vous endormir ou à rester endormis, demandez un truc (l'ambien, c'est cool, vitamine A on appelle ça ici!). Mieux vaut être un peu défoncé par les médocs que complètement épuisé de ne pas avoir dormi pendant plusieurs jours.
Voilà, j'insiste, ce sont des trucs simples mais vraiment important à mon avis, et ce n'est pas que mon expérience qui parle, mais celle de pleins de malades que je côtoie au groupe de support.
Bon courage à vous deux (et aux autres, si vous vous tapez la même chose prochainement), je vous mentirais si je vous disais que cela va être une partie de plaisir, mais cela ne va pas forcément être aussi dur que ce que vous imaginez.
En fait je voulais juste vous écrire quelques conseils. Je vous les ai déjà donnés, mais si vous êtes comme moi, vous comprenez vite mais il faut vous expliquer longtemps. Alors, comme c'est vraiment important, j'en rajoute une couche.
Tout d'abord, réfléchissez bien à tout ce que vous voulez emporter avec vous à l’hôpital. Vous emmènerez probablement trop de choses car vous serez trop fatigués pour lire les 10 bouquins que vous avez stocké sur votre Kindle, mais mieux vaut avoir ce qu'on veut que de s'ennuyer. Pensez aussi aux trucs sentimentaux, ça aide pour tenir le cap d'avoir des objets un peu symboliques ou des photos de vos proches et amis.
Rappelez-vous, dès demain et tant que cela sera possible, de boire énormément. Je suis tombé dans les pommes pendant l'une des séances d'hydratation parce que je n'étais pas assez hydraté, c'est vraiment important, profitez de ma connerie pour ne pas refaire la même.
Pour limiter la mucite au maximum (c'est potentiellement le plus douloureux, on va pas se mentir) faites des bains de bouche à la saline (demandez en à l'infirmière) toutes les deux heures ou plus sans faute. J'ai été hyper rigoureux avec ça, et ça a bien aidé. Ça semble trop simple, mais ça marche vraiment. Aussi, si ça commence à faire mal, il y a des bains de bouche à la lidocaïne, n'hésitez pas à en demander, c'est très efficace.
Marchez tous les jours autant que possible, même si c'est pour faire le tour de votre chambre 3 ou 4 fois. C'est super important, sinon au bout des 20-30 jours vous allez être super affaiblis, alors qu'en marchant régulièrement vous allez garder du tonus. Si vous êtes vraiment démontés, rien que de se lever, bouger un peu, faire un tour de la chambre, ça aide. Quand j'étais vraiment au fond du trou, je faisais juste un tour de l'étage, mais je le faisais chaque fois que j'étais réveillé, une dizaine de fois par jour. Ça passe le temps et ça fait du bien. Je crois qu'en France vous êtes confinés à votre chambre (quelle horreur, je compatis), alors faites des tours de votre chambre, c'est toujours ça.
Enfin dernier conseil, n'hésitez pas à demander des anti-douleur, oxycodone ou autre. Ça ne sert à rien d'en chier plus que nécessaire. Pareil pour le sommeil, si vous n'arrivez pas a vous endormir ou à rester endormis, demandez un truc (l'ambien, c'est cool, vitamine A on appelle ça ici!). Mieux vaut être un peu défoncé par les médocs que complètement épuisé de ne pas avoir dormi pendant plusieurs jours.
Voilà, j'insiste, ce sont des trucs simples mais vraiment important à mon avis, et ce n'est pas que mon expérience qui parle, mais celle de pleins de malades que je côtoie au groupe de support.
Bon courage à vous deux (et aux autres, si vous vous tapez la même chose prochainement), je vous mentirais si je vous disais que cela va être une partie de plaisir, mais cela ne va pas forcément être aussi dur que ce que vous imaginez.
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